Mise à jour: 16/04/2018 à 10H34 GMT
 
Répression des enseignants à Ziguinchor
VAGUE D’INDIGNATIONS ET DE SOUTIENS
Ibrahima Baldé | 16/04/2018 | 09H46 GMT
La répression des forces de l’ordre contre les syndicats d’enseignants à Ziguinchor qui a occasionné des blessés du côté des enseignants, a soulevé une vague d’indignation et de soutien des centrales syndicales, du syndicat des inspecteurs de l’éducation et parents d’élèves.
 
La manifestation des syndicats d’enseignants communément appelés le G6, a provoqué une vague d’indignations des acteurs de l’éducation et aussi des centrales syndicales.
 
Le syndicat des inspectrices et inspecteurs de l’éducation estime que cette répression matérialise une «inflexion inquiétante dans la méthodologie de gestion de la crise qui sévit dans le secteur de l’éducation et de la formation» et  «condamne avec la dernière énergie cette dérive autoritaire qui sape les fondements de l’État de droit».
 
Pour les camarades de El Cantara Sarr, «cette rupture notée dans l’attitude du régime, qui a violemment usé de la puissance publique est un aveu et un indicateur dans sa volonté d’intimider et de tracer une «ligne rouge» sous le couvert de «troubles» et d’«atteinte à la sécurité publique».
 
Déplorant cette «manière radicale» à gérer les questions sociales, le Siens s’indigne de «cette violence disproportionnée et inopportune qui rend compte d’une certaine fébrilité et une incapacité de nos gouvernants à gérer avec rigueur, lucidité et créativité les problématiques qui se posent».
 
Surprise de la décision prise par les autorités pour interdire une marche qui avait été annoncée depuis plusieurs jours, l’union nationale des parents d’élèves et d’étudiants du Sénégal (Unapees) demande au gouvernement d’éviter de «prendre certaines décisions qui ne font que mener vers une radicalisation préjudiciable au système éducatif».
 
Non sans inviter tout de même les syndicats d’enseignants à «reconsidérer leurs décisions de continuer la grève et reprendre les concertations devant des parties garantes pour le respect des engagements signés».
 
Dans cette même dynamique d’indignations, le secrétariat exécutif de la confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Force du changement (Cnts/Fc) s’insurge contre toute «répression des travailleurs dans la défense de leurs droits et libertés». «Ces pratiques d’un autre temps n’honorent pas notre pays et sa démocratie », lit-on dans un communiqué.  La Cnts/Fc du secrétaire général, Cheikh Diop, invite «le gouvernement à mettre en œuvre  toutes les mesures idoines pour apaiser le climat social et sauvegarder les intérêts supérieurs  de l’école sénégalaise et les enseignants  à mener leurs revendications tout en restant ouverts au dialogue pour une sortie de crise au bénéfice l’école publique».
 
La  Confédération des syndicats autonomies du Sénégal (Csa) est dans la même veine en mettant en garde «le gouvernement par rapport à toutes conséquences qu’une telle attitude pourrait avoir sur sa volonté avouée d’apaisement du climat social». «Aucun pacte de stabilité sociale ne peut survivre à de tels agissements», soutient la Csa.
 
7EME PLAN D’ACTIONS : L’Inter-cadre décrète 72 heures

L’inter-cadre composé du Grand cadre des syndicats d’enseignants (Gcse), de l’intersyndicale pour la défense de l’école et des enseignants (idee) et de l’Unité syndicale pour une éducation de qualité (useq), a annoncé son 7ème plan d’actions. Les camarades de Oumar Waly Zoumarou comptent observer une grève de 72 heures à compter de demain mardi 17 avril, du préscolaire au moyen secondaire. Le boycott des compositions et toutes les évaluations, des cellules d’animations pédagogiques et la rétention de notes sont de rigueur. Ils exigent l’augmentation substantielle de toutes les indemnités notamment celles du logement d’enseignement et le respect de tous les accords signés.