Mise à jour: 23/10/2013 à 08H32 GMT
 
«LEERGI ACOUSTIK» DU SENEGAL
Une histoire, une vie
Denise ZAROUR MEDANG | 23/10/2013 | 07H37 GMT
Le groupe musical «Leer gui» du Sénégal a choisi de verser dans l’acoustique.  Il se fraie un chemin pour obtenir sa place dans la cour des grands. Nominé parmi les 12 finalistes de l’édition 2013 du prix  découvertes de radio France internationale (Rfi), «Leer Gui» travaille pour son premier opus qui sera bientôt sur le marché national.
 
Ils sont au nombre de trois et se battent pour se faire une place au soleil. Avec des sons mélodieux, doux et languissants, le groupe Leer-Gui a choisi l’acoustique pour  délivrer ses messages. Après plusieurs prestations dans les régions du Sénégal à savoir Thiès et la Casamance où il a fini de se faire un nom, le trio est à la conquête de la capitale dakaroise.  La bande a Daouda Ngom surnommé «Ken» chante dans plusieurs langues nationales du Sénégal comme le wolof, le mandingue, le pulaar mais aussi en Sierra Léonais plus précisément en timini.  

Pour le lead vocal du groupe Leer Gui : «nous avons cherché à chanter dans plusieurs langues pour être plus proche de nos fanatiques, mais aussi à aller à la conquête d’autre public.» Sur  un ton mineur, la musique de Leer-gui  est un voyage qui peut conduire au bord du Nil, dans les sillons du fleuve Niger, les grands espaces sud africains et partout où la musique se fait mélodie, rythme et/ou trait culturel. « Nous cherchons à avoir notre propre touche dans la musique. Nous avons choisi de faire l’acoustique et nous comptons bien le faire. Pendant notre séjour en Casamance, nous avons exploré le champ de la musique de variété et cela a été une expérience bien réussie » a lancé Ken.  En dehors de la guitare, le groupe Leer-Gui fait aussi de la percussion.  

Aujourd’hui, il garde à leur actif plus d’une dizaine de titres dont «Démocratie», «Samedi Soir», «Yakame», «Gourodeuw», «Mame Cheikh Ibra Fall», «Bouki ci deuk», «sama yoon», «Sounou dound gui», «Sahel», «Yonenimi», « Aymala». Non encore présent sur le marché, le groupe Leer gui Akoustik annonce la sortie de son nouveau et premier opus  pour fin 2013 voir début 2014. 

Un album qui traite des faits de société,  de justice sociale, de partage équitable des ressources, de l’amour, de la paix, de l’unité africaine, de la situation déplorable des femmes,  de la jeunesse, de la violence à travers le monde entre autres. Malgré le talent, le groupe Leer-Gui est à la recherche d’un producteur  mais en attendant, il s’est résilié à s’auto produire.

 L’histoire du trio

Le trio du groupe Leer-gui est composé de sénégalais originaires de la région de Thiès. Il s’agit de Aminata Douké alias Amina au chant, Daouda Ngom dit Ken à la guitare et au chant et de Moustapha Gueye dit Tapha aux percussions.  Selon Daouda  Ngom: «notre histoire est faite d'amitié, de complicité, de sensibilité musicale, d'ambition et de rêve communs».  

A la recherche de leur voie, le groupe Leergui a fait les beaux jours  du mythique club «la Cave des rois de Ziguinchor» au sein du groupe Baatine dont ils sont membres fondateurs. Le trio est aussi allé à la conquête d’autres boites de nuits de Ziguinchor mais aussi du Cap Skirring, de la petite côte sénégalaise et en Gambie depuis 1995.  « Il fallait s’ouvrir et aller à la découverte d’autres sonorités avant de définir notre musique. Nous avons fait dans la variété avant de choisir notre style musical qui a pris forme dans les années 1990»  a avancé Ken.

A Dakar, le Groupe Leer gui  est devenu incontournable à l’espace culturel Off Road, situé au terminus  Liberté 5 qui l’accueille régulièrement tous les vendredis. Pour le manager du groupe Ibrahima Dia : « après plusieurs années de travail, de recherche, le groupe va mettre sur le marché un produit de qualité. Ce sont des jeunes talentueux qui croient en ce qu’ils font. Et au final, seul le travail paie.».

Au restaurant la Calebasse, le groupe y a aussi élu demeure. Chaque samedi, la bande à Ken  berce le public avec sa musique douce qui le plonge presque dans les bras de Morphée.   Pour  cet adepte de l’acoustique: «c’est de la bonne musique. Douce, posée, les sonorités permettent de lutter contre le stress, de se détendre sans pour autant être embarrassé» a avancé  un des habitués de l’espace Off Road. Et un autre de lancer : «c’est bien inspiré les thèmes. En ce qui me concerne, c’est le fond musical qui m’attire.»

 Finaliste du prix découverte Rfi

Le groupe Leergi figure parmi les 12 finalistes sélectionnés pour l’édition 2013 par le Comité d’écoute du Prix Découvertes RFI. Une distinction ouverte à tous les artistes ou groupes musicaux professionnels d’Afrique et d’Océan Indien. Il est en compétition avec Danielle Eog Makedah du Cameroun, Nelida Karr de la Guinée Equatoriale, Mariam Koné du Mali, Lindsey du Nigeria, Martin Mani du Rwanda, Yvonne Mwale de la Zambie, Isabel Novella du Mozambique, Nteko du Congo Brazzaville, Sessime du Bénin, Smarty du Burkina Faso et Teta de Madagascar). Selon le manager du groupe Ibrahima Dia dit Thio : «c’est une grande fierté de figurer parmi les nominés pour la finale. C’est le fruit du travail et ça montre qu’on est sur la bonne voie. Il faut juste travailler et continuer de le faire pour aller de l’avant.»

 Pour cette édition 2013, les finalistes seront présentés demain 24 octobre, lors du vote du jury présidé par A’salfo (Salif Traoré), membre fondateur de Magic System a renseigné la Rfi.

Soulignons que le prix Rfi existe depuis 1981 et permet de mettre en avant les nouveaux talents musicaux du continent africain. Le lauréat bénéficie d’un prix de 10 000 euros, d’une tournée en Afrique et d’un concert à Paris.